En cette fête du Précieux sang de Notre-Seigneur, et quelques treize années après sa toute première messe célébrée ce jour là, l’assistance était nombreuse à la cathédrale en ce samedi 1er juillet lors de la messe d’action de grâce de l’abbé Le Roux pour ces onze années d’apostolat à la chapelle de l’Immaculée Conception de Versailles:

 
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Vous trouverez ci dessous le sermon prononcé par l’abbé Le Roux à cette occasion:

Sermon pour la messe d’Action de grâce
pour ces 11 années de ministère à Versailles en la fête du Précieux-Sang

 

Mes biens chers amis,

 

Tout d’abord, je rends grâce à Dieu, Trinité Sainte, à qui toute louange et sacrifice doivent être offerts car Il est l’unique principe de toute vie et de tout bien et la source de toutes grâces. Le mystère de la vocation et le don du Sacerdoce ne sauraient jamais devoir être considérés comme une marque d’honneur ou comme un dû. Il est simplement, le prolongement incarné, dans l’espace et le temps, ici et maintenant, du commandement du Seigneur : « Faites… », « Faites-ceci en mémoire de moi… ». « Toi, tu seras mon prêtre ». Entendre cet appel personnel à 12 ans est un don inouï… car la réalité de la suite n’est pas dévoilée.

Ensuite, je remercie ceux qui m’ont donné la vie, qui m’ont éduqué et qui m’ont tant appris aux différents âges de la vie. Mes chers parents qui sont désormais dans la Maison du Père. Ils avaient choisis Versailles pour élever leurs quatre garçons. Ils n’ont jamais regretté ce choix, nous non plus. C’est ici que j’ai grandi dans la foi, où j’ai reçu une formation humaine et doctrinale solide (Famille, FSSP, scoutisme) où j’ai créé de forts liens d’amitié pour la vie. Un petit détail amusant sur le chiffre 11… C’était le chiffre « sacré » de ma patrouille scoute de l’Once où j’ai servi en HP de 13 à 16 ans. Ces trois années ont été fondamentales car c’est la responsabilité confiée, le soin des autres vécu et la figure sacerdotale ajustée de l’abbé Coiffet qui m’ont confirmé « charnellement » pour répondre librement et sereinement à l’appel à devenir prêtre. Le breton que je suis voit des signes un peu partout… Je suis très reconnaissant envers les figures sacerdotales qui m’ont accompagné et qui m’ont donné le Christ par leur présence et leurs conseils. Il suffisait de regarder et d’écouter. L’abbé Coiffet avant le séminaire, l’abbé Gaudray et l’abbé du Faÿ au séminaire, l’abbé Bizard pendant mon stage diaconal à Ottawa. Ils m’ont donné envie de devenir prêtre et m’ont aidé à l’être. Un immense merci aussi à Mgr Aumonier, mes supérieurs de la Fraternité Saint-Pierre et l’abbé Boulle pour leur confiance, par qui s’exprime aussi la volonté de Dieu. Un immense merci aussi à mes confrères et amis prêtres ici présents. Les amitiés sacerdotales sont si importantes à l’équilibre d’un prêtre et une sauvegarde pour le troupeau qui lui est confié. Quand l’entente et la collaboration entre les prêtres sont bonnes, efficaces et fraternelles, les fidèles en retirent les dividendes. Comme je l’ai dit aux obsèques de papa, il y exactement 9 mois ici-même, je suis très reconnaissant que le Seigneur ai permis que j’accompagne personnellement jusqu’à leur dernière demeure tous mes éducateurs, mes parents, l’abbé Coiffet et Jean-Marie Sorlot. Et vous m’avez soutenu. A chaque fois. Cette cathédrale est donc un lieu qui est familier pour moi et pour vous. Une belle porte d’entrée pour le Ciel.

C’est aussi pourquoi, merci à vous, bien chers amis et fidèles pour votre amitié, votre confiance et votre soutien sans faille durant ces onze années. Liens souvent tissés il y a bien longtemps, particulièrement au sein de notre cher et fécond groupe scout du Chesnay, des liens qui dureront dans la mémoire du cœur et la communion des saints. En célébrant ma première messe solennelle le 1er juillet 2006, je pensais vraiment alors quitter Versailles au sens large pour d’autres horizons. Je pensais partir au Nouveau Monde pour de nombreuses années, et quoiqu’il arrive ne jamais revenir ici. Les circonstances et surtout la volonté de Dieu ont en voulu autrement. Finalement, j’ai été amené à donner là où j’avais tant reçu. Avec vous, avec tous mes confrères de la Maison Saint Dominique Savio, de grandes familles sont nées ou se sont développées, en bon esprit de cousinade, l’Immaculée Conception, tous les groupes scouts, Saint Joseph des Lys. Rien n’aurait été possible au quotidien sans chacun d’entre vous, j’en suis bien convaincu et il est impossible de faire la liste ce soir. C’est vous qui m’avez appris à être Père et à devenir Pasteur. C’est ici que j’ai commencé à comprendre ce que c’est qu’aimer comme le Christ nous le demande : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». En serviteur souffrant bien plus souvent qu’en ami attentif. Le Père pense enfant, le Pasteur pense brebis. Aimer, comme le Christ, c’est sentir, comprendre et offrir avec zèle non seulement ce dont chaque âme a besoin pour être sauvée, mais aussi toutes les âmes confiées afin que celles-ci restent ensemble, unies sur le chemin du Ciel. C’était l’évangile d’hier : la drachme et la brebis perdue…

Une phrase d’un missionnaire Oblat de Marie Immaculée, racontant ses périples apostoliques dans le Grand Nord canadien m’a marqué au moment où je l’ai lu : « Je suis de leur famille car je suis prêtre ». Comment cela est-ce possible ? En tout cas, tel est bien la volonté de Dieu : « Vous êtes mon Peuple et je suis votre Dieu ». Le Christ ne parle que d’un seul troupeau… car par le baptême, c’est l’unique grâce de Dieu, la participation à la Vie Divine qui agit en nos âmes. Nous sommes purifiés et sauvés dans le seul Sang du Christ, versé pour chacun d’entre nous et la multitude.

Cette famille a un nom à particule… C’est la famille du Christ.

La grande famille de Dieu est la Sainte Eglise confiée au Pape et aux évêques. La portion est plus petite pour le simple prêtre de Jésus.

La famille de l’Immaculée. Communauté de type paroissiale. Le souci du Pasteur : son esprit évangélique, sa cohérence et son élan missionnaire. Pauvreté, obéissance et chasteté.

Et vos familles. Le souci du Père : c’est l’unité.

Chacun d’entre vous, comme dit St François de Sales, chaque âme est un diocèse. Le souci de l’abbé : l’attention envers tous et la paix intérieure.

Ensuite, c’est le Christ qui agit, c’est l’Esprit-Saint qui éclaire, réchauffe et donne la force. Avec la grâce de Dieu, toujours.

Le Christ a donné sa vie pour le salut de chacune de nos âmes. Le prêtre ne doit pas être étonné, d’une part en raison de ses propres péchés et faiblesses, de souffrir autant des divisions dans le troupeau, des déchirures dans certains couples ou familles, de l’éloignement de certaines personnes, des brouilles… En résumé, les problèmes de cours de récréations sont les mêmes toujours et partout, à tous les âges, sauf qu’avec le temps, les conséquences deviennent graves et elles font très mal. Et cela fait saigner. Mais le pasteur ne doit pas s’habituer ou se résigner. Prier, réparer, être disponible, apporter le Christ, toujours et partout doivent être sa seule réponse. Occasion pour le prêtre ou le chrétien quelque qu’il soit de suivre la recommandation de saint Paul : « J’achève », c’est-à-dire : j’ajoute ma mesure… au Sacrifice du Christ. Et au quotidien, à travers les sollicitations du devoir d’état où le Christ apparait finalement comme le maître de notre l’agenda, de vivre la vie sacerdotale selon l’esprit le cérémonial du Départ Routier : « Qui n’a pas tout donné, n’a rien donné », « Qui ne sait pas mourir n’est bon à rien ».

« Je suis de leur famille car je suis prêtre ». Cette famille a un blason, c’est la croix. La croix est une réalité et elle est un beau symbole. Une barre verticale qui soutient une barre horizontale. La barre verticale, c’est la « paroisse ». Cela vient du grec, paroikia, et signifie : « séjour dans un pays étranger ». Nous sommes tous des voyageurs, des pèlerins séjournant dans un pays étranger, ce monde auquel nous n’appartenons pas définitivement, citoyens de la cité de Dieu, en attente du retour vers le Père.

Chaque paroisse, chaque communauté, où les chrétiens se rassemblent, doit être, avant tout autre chose, une porte vers l’Incréé. Le point de contact entre le Monde et le Ciel : dans lequel on reçoit la lumière et la force pour convertir le Monde ; et dans lequel on reçoit l’attrait qui nous emporte au Ciel. C’est cela, le sens théologique du mot paroisse. Toute communauté doit imprimer sur ses membres ces deux mouvements : un mouvement qui descend, et qui nourrit nos âmes, et un mouvement qui monte, qui tire nos âmes vers le haut, vers le Ciel. Nous retrouvons ce mouvement ascendant et descendant dans la sainte liturgie, dans les prières de l’offertoire et dans celles du canon, à travers tous les rites… La raison première de notre venue à l’Immaculée Conception, c’est de nous insérer dans ce mouvement, et d’y demeurer… par l’assistance à la messe, les pèlerinages, les différents services, les domus, les lieux de formations, les chorales, le service de messe, le scoutisme, les écoles… à chaque fois, il faut que nous repartions avec ces deux sentiments : l’âme bien disposée à recevoir le don de la grâce et le désir sans cesse plus fort d’aller au Ciel.

Ensuite, il existe une barre horizontale à la croix… C’est le troisième mouvement ou l’envie toute aussi forte d’attirer d’autres âmes pour les emmener au Ciel avec nous. C’est l’ouverture du cœur par la charité fraternelle… dans la douceur, la simplicité, la patience et l’humilité. Vous m’avez suffisamment entendu sur le sujet… mais il est bon que je vous le rappelle… Attention à ne pas perdre les deux bras horizontaux de la croix, par pourrissement. Car il existe deux dangers qui guettent toute famille chrétienne, de la personne à la communauté : le repli sur soi ou refus souvent inconscient du mouvement, spécialement du troisième mouvement, celui de la charité fraternelle : la dispersion ou superficialité mondaine. C’est le refus du mouvement ascendant… C’est la recherche du confort ou de l’argent qui finit par prendre trop de place… La triste conséquence en est l’oubli progressif de la Patrie céleste au profit de la cité terrestre, l’empêchement progressif d’aimer Dieu et son prochain.

« Je suis de leur famille car je suis prêtre ». Cette famille a une devise, c’est Jésus. Ce sont les derniers mots de saint Jeanne d’Arc. Le Saint Nom de Jésus est avant tout une prière, un cri de ralliement, un appel filial. Du plus petit au plus grand, c’est finalement, dans la foi, l’espérance et la charité, la parole la plus commune. Celle qui est imprimé au fond de notre cœur. C’est la raison fondamentale pour laquelle, il n’y avait plus  de distances d’âge au moment où nous avons vénéré les reliques de la Passion le 20 octobre dernier. Nous avons tous été marqués. Jésus, Jésus, Jésus. « Le nom qui laisse songeur, aux prises avec d’inépuisables réflexions, pour aboutir à d’intarissables raisons d’aimer. » disait le Père de Chivré. Tout est dit, tout est là. Jésus est l’essentiel. Il suffit de penser Jésus, de dire le nom de Jésus. Les béatitudes se rappellent à nous. Notre âme s’ouvre à l’œuvre de la grâce. Le chemin s’éclaire, un peu. Mais suffisamment. Comme les enfants qui disent Papa ou Maman et déjà tout est possible… Osons dire plus souvent le nom de Jésus. Ayons des cœurs d’enfants, des cœurs de pauvres, petits dans la main puissante de Dieu. Encore faut-il n’avoir pas simplement l’idée mais la manière, c’est à dire l’humilité d’appeler à nous main divine. Jésus. « Demandez, et vous recevrez ». Demandons comme savent le faire les petits enfants…

Mes biens chers amis, encore une fois merci, merci de m’avoir accepté dans vos familles comme le prêtre de Jésus-Christ. Restez unis dans la foi et la charité, dans la prudence, le respect et la délicatesse. Gardez ce souci de continuer à vous former et à transmettre une solide formation chrétienne aux plus jeunes. Approfondissez cet amour de la sainte Liturgie et le respect envers la Présence Réelle. A tous, attention à bien garder une unité de vie authentiquement missionnaire. « Vivre de telle façon qu’à ma seule façon de vivre, on pense que c’est impossible que Dieu n’existe pas et que le Christ ne m’aime pas ». Ayez ce souci quotidien de développer votre relation personnelle d’amitié avec le Christ dans la vie sacramentelle extradominicale et l’oraison. Enfin, rappelez-vous que tout est réparable… le cœur profond de l’âme ne revit et ne respire que par les pardons donnés et reçus. « Venez à moi, vous tous qui peinez, mon joug est doux et mon fardeau léger. »

Je suis heureux que mes amis, les abbés Jouachim et Moura qui m’assistent au cours de cette messe soient vos nouveaux pasteurs. Priez pour eux et surtout offrez leur la même confiance, la même transparence, le même soutien ! A partir du 17 août, je serai dans la cité de Saint Martin pour une nouvelle mission apostolique, avec la joie fraternelle et un certain soulagement d’y arriver en compagnie d’un autre confrère. Je me permets de me recommander à vos prières en reprenant les mots que m’a écrit l’un d’entre vous, « pour cette transition vers Tours, forcement difficile mais assurément belle puisque j’y suis appelé, que je vive pleinement par la grâce de Dieu ». Vous savez que je ne vous oublierai pas et que vous resterez bien présent dans mes intentions remises au creux de la paume de la main de Marie Immaculée.

Vive Jésus ! Que Jésus vive en nous et rayonne à travers nous. Amen. Alléluia.

 

Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, Ainsi soit-il !

 

 

Puis ce fut un très sympathique dîner champêtre paroissial de fin d’année, au cours duquel nous avons pu remercier l’abbé Le Roux pour toutes ces années au service de notre communauté et lui souhaiter de belles années dans sa nouvelle mission:

 
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